Avec l'aimable autorisation de l'auteur, Anick BAULARD http://www.lesadex.com
extrait de son recueil de poésie, les Picardises collection tempoémes
Notre-Dame de Noyon
 
Notre-Dame de Noyon, ma nef au coeur de pierre,
Ancrée dans la cité depuis la nuit des temps,
Combien de chevaliers ont tissé de prières
La trame de l'Histoire et la chaîne des ans.
 
Un matin de juillet, Hugues a courbé le front,
Sous tes voûtes sonores il a prêté serment.
C'est en ton sein, ce jour, qu'il a donné son nom
A la lignée des rois durant huit fois cent ans.
 
Tes ogives lancées à l'assaut des piliers
Ont résonné du pas des nobles et des gueux.
Combien de gentes dames et combien d'escholiers
Ont foulé le dallage où dorment les aïeux ?
 
Des gisants du narthex l'image est effacée
Par les fines sandales ou les sabots de bois.
Les Hordes sacrilèges à leur tour sont passées,
Bûchant la statuaire et profanant la croix.
 
Certain jour de septembre, tes cloches se sont tues,
Tu cessas de rythmer les jours et les saisons;
Des chevaux prirent place dans tes chapelles nues;
Muette et impassible, entêtée, tu fis front.
 
Les anges de l'autel ont veillé sur ta vie,
Souriant sous leur or, bientôt, ils assistèrent
A ta résurrection, plus noble que jadis,
Cathédrale Notre-Dame, écrin de nos prières.
 
Combien de siècles, encore, quand nous ne serons plus,
Ton ombre double et noire se projettera-t-elle
Sur nos toits et nos places, nos cloîtres et nos rues,
Appelant au parvis la foule des fidèles ?
 
Nos aïeux sont venus en ton vaste vaisseau,
Nos parents, à leur tour, ont uni leurs prières,
Et nos enfants, demain, prieront en ton berceau,
Notre-Dame de Noyon, ma nef au coeur de pierre.
 
 
 
 
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